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Comment s’insulter en breton ?

Comme toutes les langues, le breton dispose d’un répertoire d’insultes formant un vocabulaire assez fleuri...

Vous en conviendrez, c’est un élément de langage important. Comment clouer le bec à un impertinent ? Comment manifester votre mépris ou votre colère à un imbécile ? Comme toutes les langues, le breton possède un joli répertoire d’insultes. Et elles empruntent souvent des métaphores pas toujours subtiles mais diablement efficaces.
Bien sûr, le plus simple est inévitablement de partir de particularités physiques. Un bavard ? C’est un beg bras, littéralement une grande bouche. Un fri lous, nez sale, c’est un morveux. Et quand on est torr-penn, c’est qu’on casse la tête des autres, les pieds, dit-on plutôt en français.
La tête, c’est d’ailleurs un élément qu’on peut mettre à toutes les sauces. Penn-pour, tête de poireau, désigne un imbécile. Penn-chatal, tête de bétail, n’est pas beaucoup plus sympathique. Quant à penn-boultouz, tête de lotte, on vous laisse aller voir à quoi ressemble ce poisson pour vous rendre compte de l’amabilité de l’expression.
Puisqu’on est dans le registre animal, restons-y. Le veau semble ne pas être un animal que le bretonnant estime pour son intelligence. Parmi les insultes mêlant le veau : leue brizh, veau tacheté, leue bloaz, veau de l’année… L’âne, comme en français, est également sollicité. Mais en breton, on lui ajoute des cornes : azen gornek. Amprevan, insecte, signale votre mépris, pemoc’h badezet, cochon baptisé, est réservé à un malpropre.
Genaoueg ou inosant désigne un imbécile. Lorgnez pourrait être l’équivalent de salopard. Il y a aussi le célèbre gast, terme définissant une femme de mauvaise vie, et le non moins connu kaoc’h, merde, qu’on associe souvent à ki, chien : kaoc’h ki.
Reste que si vous voulez encore amplifier la portée de votre insulte, il suffit d’y accoler kozh, vieux, ou brein, pourri. Kozh kaoc’h ki brein, littéralement vieille merde de chien pourri, ça commence vraiment à ne pas être très très sympa.

 

Retrouvez cet article dans le magazine Bretons d’avril 2017.

 

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