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Le genre des mots : Un arbre ou une arbre ?

Le genre des mots influe beaucoup sur notre façon de les percevoir. Il est donc toujours curieux de voir quels sont ceux qui sont masculins en breton et féminins en français, ou l’inverse…

“À Nantes, dans un parc, un jour, j’ai vu un châtaignier énorme. En français, on pense à un grand homme robuste, avec des bras noueux et puissants. Si on le regarde en breton, ça n’a rien à voir ! Cela devient une femme plantureuse…” Le chanteur Gilles Servat décrivait en 2012 ce phénomène curieux qui fait que, selon le genre des mots, notre perception en est différente. Châtaignier, en breton, se dit en effet kistinenn. Et c’est un terme féminin…

Le breton, comme le français, classe les noms en deux genres, masculin ou féminin. Mais il n’y a pas toujours d’équivalence entre les deux langues. Le français a ainsi accolé un féminin aux termes terre, eau ou mer. Douar, dour et mor sont au contraire masculins.

À l’inverse, l’amour, le bateau ou le voyage (karantez, bag, beaj) sont féminins en breton. Quoi de plus viril qu’un bâton ? C’est pourtant au féminin que bazh se décline… Attention aussi aux faux amis. Une tour, en breton, se traduit exactement par le même mot, tour. Sauf qu’ici, tour devient masculin !

Restent quelques particularités. Ainsi, pour former un singulier à partir d’un pluriel collectif, on ajoute la terminaison –enn. On vous épargne les détails techniques, mais cela crée une situation où la plupart des noms de plantes ou d’animaux, au singulier, sont féminins : dervenn (chêne), pourenn (poireau), gwezenn (arbre), buzugenn (ver de terre)…
Et il y a une chose sur laquelle le breton, à l’inverse du français, a tranché depuis toujours. Tous les métiers et les statuts du monde sont – potentiellement – accessibles aux femmes. Il suffit en effet d’ajouter le préfixe –ez pour que pompier, médecin ou soldat deviennent des féminins : pomperez, medisinourez, soudardez. Tout simplement.

 

Retrouvez la suite de cet entretien dans le magazine Bretons de juin 2017.

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