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Indépendance de la Catalogne… Et la Bretagne ?

Le référendum mené par le gouvernement régional a mis en lumière la volonté d’indépendance des Catalans. De quoi donner des idées à d’autres pays et à d’autres régions, comme la Bretagne ? Bretons a posé la question à quelques élus...

Quand on interroge les élus bretons sur la question catalane, on obtient plusieurs types de réponses. Il y a d’abord ceux qui refusent de faire un quelconque parallèle avec la Bretagne. “Chaque situation est très particulière”, tempère ainsi le député Les Républicains Marc Le Fur, tout en disant avoir “été surpris et choqué par la réaction très violente, exagérée et déplacée de l’État espagnol à l’égard des Catalans”, et en regrettant la passivité de l’Union européenne sur la question.
Il y a aussi ceux qui bottent en touche, préférant passer leur tour. Les députés La République en marche Jean-Charles Larsonneur, Gwendal Rouillard ou même François de Rugy n’ont pas répondu aux sollicitations de Bretons.
Et puis, il y a des discours plus tranchés, qui répondent directement à la question, dans des sens opposés. Du côté du conseiller régional Front national Gilles Pennelle, les choses sont ainsi claires. La situation en Catalogne est “une crise dangereuse”. Et s’il nuance le parallèle avec la Bretagne, il estime devoir être “méfiant”. “L’Union européenne, en soufflant sur les braises des régions, a fini par créer des incendies. Nous sommes très critiques vis-à-vis de la politique régionale de l’Union européenne, qui a fait miroiter aux régions qu’elles pourraient avoir de plus en plus d’autonomie en supprimant les nations. Nous, nous sommes attachés aux nations, donc à l’État français. La Bretagne a besoin de l’État français, comme la Catalogne a besoin de l’État espagnol pour se protéger de l’uniformisation de la mondialisation.”
L’élu frontiste va même plus loin : donner plus d’autonomie, plus de compétences à la Bretagne, comme elle le demande ? Ce serait ouvrir une boîte de Pandore qui amènerait directement… à une situation de type catalane.
Les États nations, ultime recours face à la mondialisation pour les identités locales ? Paul Molac s’en étranglerait presque. “Ces États nations refusent la diversité, de reconnaître les peuples, avec quelques fois une véritable arrogance, comme l’Espagne ou la France. La France, c’est caricatural, refuse même de reconnaître ses minorités. Être Breton ou Basque, ça n’existe pas ! Ce n’est pas reconnu par la loi…”

Les vieux états contre les régions

Le député La République en marche de Ploërmel, qui se revendique régionaliste, voit en la situation catalane un signe fort : “C’est la fin des États nations. Ces États sont nés idéologiquement à la fin du Moyen Âge. Ils se sont construits jusqu’au 19e siècle en devenant de grandes puissances mondiales et coloniales. Et puis, au 21e siècle, les choses se rééquilibrent. Les États européens retrouvent une place dans le monde qui est celle qu’ils ont par rapport à leur population et leur production industrielle. Ils se retrouvent en état de faiblesse. La Chine, l’Inde, le Brésil sont passés au stade industriel et ont une puissance incroyablement supérieure à la France ou l’Espagne aujourd’hui. D’où la nécessité pour les Européens de se mettre ensemble. Mais ces vieux États qui se construits contre l’Europe et contre leurs régions ont du mal à passer à ce stade-là. Pourtant, il est nécessaire si on veut que l’Europe pèse dans le monde.”
L’indépendance des régions, nécessaire à la construction européenne ? “Bien sûr, ça sera son aboutissement ! Avec ces petits pays, on va enfin pouvoir faire une armée, une diplomatie européenne. Ça n’aurait pas de sens que la Catalogne ait sa propre armée !” Et pour l’ancien prof d’histoire, le mouvement est  lancé. “Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes fait qu’il y a des choses qui appartiennent à l’histoire, des phénomènes qu’on peut difficilement combattre. On finit par être emporté. Pour moi, ce phénomène prendra du temps, mais il est inéluctable. Y compris en France. C’est l’Europe de demain.”

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