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Jean Blaise, “Nantes, c’est la Bretagne, évidemment”

Il est le personnage incontournable de la culture à Nantes. Après avoir réveillé la ville sous l’impulsion de Jean-Marc Ayrault, en y invitant Royal de Luxe ou en créant Le Lieu Unique, Jean Blaise est devenu directeur du Voyage à Nantes, une structure qui gère à la fois l’offre culturelle de la ville et l’attractivité touristique. C’est dans ce cadre qu’il vient de lancer le parcours Traversée moderne d’un vieux pays, qui va de Nantes au Mont-Saint-Michel en passant par Rennes et Saint-Malo. C’est bien sur l’image de la Bretagne que Jean Blaise s’appuie pour attirer des touristes, notamment asiatiques. Car il l’affirme : Nantes, sans la Bretagne, n’existe pas à l’international...
PROPOS RECUEILLIS PAR DIDIER LE CORRE ET MAIWENN RAYNAUDON-KERZERHO

BRETONS: En arrivant à Nantes, en 1982, vous parlez d’une ville qui n’avait pas d’identité…

JEAN BLAISE: Qui n’avait plus d’identité. Elle avait eu une identité avec les chantiers navals, qui avaient disparu, avec le fait qu’elle était un port, ce qu’elle n’était plus, sans compter les comblements de l’Erdre et les bombardements, qui avaient sacrément amoché cette ville. Elle avait un vrai problème de reconnaissance, d’identité. À partir de la culture, Jean-Marc Ayrault pensait qu’on allait changer l’image de la ville, pour dire qu’on voulait être une ville vivante, à la pointe, en recherche, qui bouge, qui accueille bien les étudiants… Les Allumées ont été un vrai tournant pour l’image de Nantes. La presse nationale a couvert cet évènement, qui faisait appel aux avant-gardes des plus grandes villes du monde. Après, j’ai eu plein d’opportunités pour des nouveaux projets : Le Lieu Unique, Estuaire… Je n’ai pas vu le temps passer, ça fait trente ans que je fais des choses ici, j’ai l’impression que c’était hier !

Comparée à Bordeaux, Toulouse ou d’autres, Nantes était une ville qui n’avait pas d’image précise ?

Franchement, non. Ce qui marquait la ville, c’était ce qu’elle n’avait plus. C’était son passé : les chantiers navals, le port… Et puis, il y avait un problème d’activité : une ville qui n’a pas d’activité forte, on ne la voit pas bouger, se transformer. Toute la période Chauty a été, pour la ville, une mauvaise période. Au-delà des considérations politiques, la ville a dormi, profondément. Quand on faisait des spectacles à Saint-Herblain ou à Saint-Nazaire, les Nantais venaient. Parce qu’ils étaient en manque, qu’il y avait une vraie frustration de modernité.

Vous vous compariez à Rennes ?

Rennes était devant nous, pour tout ce qui concernait la culture. Parce qu’il y avait les Trans Musicales, un vrai courant musical, une jeunesse, une maison de la culture qui fonctionnait…

Pour vous, la culture est en lien avec l’économie ? Donner un nouveau souffle à Nantes dynamisait également son économie ?

Oui. On ne pensait pas encore à l’attractivité, à faire venir des entreprises, du tourisme. Mais au moins que cette ville soit perçue au national – on ne pensait pas encore à l’international – comme une ville qui se mettait à bouger. On le faisait d’une façon naturelle, empirique. Quand on regarde cela trente ans plus tard, on a l’impression que tout était planifié, pensé. Mais on faisait au feeling.
Avec Les Allumées, on disait : On est dans la sphère internationale. Personne ne connaissait Nantes. On allait chercher des artistes d’avant-garde. Et il y avait une dimension politique. Quand on allait à Barcelone, à Léningrad, à Buenos Aires ou à Naples, on faisait des relations internationales.

 

(…) retrouvez la suite de cet entretien dans le magazine Bretons n°144 de juillet 2018

 

 

 

 

 

 

 

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