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Le RC Vannes fait chanter le Bro Gozh

Le 22 septembre, le Rugby club de Vannes a reçu le Prix Bro Gozh. Cette distinction récompense ceux qui œuvrent pour la promotion de l’hymne breton. Car, au stade de la Rabine, il résonne tous les soirs de match...

“Je fais partie de l’équipe d’animation du club. Lors du premier match en Pro D2, on faisait des tests de micro, et j’ai chanté le Bro Gozh. Le directeur général est venu me voir : J’en ai des frissons, est-ce que tu serais capable de le chanter à tous les matches ?” Philippe Le Ray est un fidèle supporteur du Rugby club de Vannes. Il est aussi un chanteur lyrique, qui a pris quelques cours de breton et connaît par cœur l’hymne de la région. Et, depuis ce soir-là, il entonne le Bro Gozh ma zadoù à chaque début de rencontre quand les joueurs entrent sur la pelouse. Une action qui a valu au RCV de recevoir, le 22 septembre dernier, le prix Bro Gozh, qui récompense ceux qui œuvrent pour la reconnaissance de l’hymne breton. Il succède ainsi à Nolwenn Leroy, Alan Stivell ou au Stade Rennais…
Parce que, à Vannes, ça marche. “Les gens chantent de plus en plus. Les paroles défilent sur les bandeaux lumineux. Tout le monde se lève, la main sur le cœur, c’est impressionnant. C’est de plus en plus sympa !” Martin Michel est le directeur général du RCV. Et il en est convaincu : “C’est un symbole fort pour le club. C’est devenu un rituel pour les spectateurs et aussi pour les joueurs, qui rentrent avec cette notion du territoire breton. Et avant, les bagadoù du département se relaient pour animer le terrain”.
Le dirigeant pousse la réflexion un peu plus loin : “Le rugby est un sport de combat collectif, où on aime bien s’identifier à un territoire, à une appartenance. Regardez le Tournoi des 6 nations, avec les chœurs gallois, les hymnes écossais et irlandais, Twickenham et le God save the queen… En rugby, peut-être plus que dans les autres sports, cette notion de revendication d’un territoire est ancrée. Je trouve intéressant que Vannes s’inscrive dans cette démarche”.

Du breton pour tromper l’adversaire

Bien sûr, le fait que la mélodie de l’hymne breton soit la même que celle du Hen Wlad fy nadhau gallois le fait sourire. “Le rugby breton doit s’inventer. Ce qui est le plus extraordinaire dans cette aventure, c’est qu’on a tout à écrire. Il n’y a pas de rugby breton de haut niveau. Alors, on peut regarder l’exemple de nos frères celtes, et la similitude avec l’hymne du Pays de Galles n’en est que plus importante ! On a deux Gallois dans l’équipe première, un dans l’équipe espoirs. J’espère qu’on va monter en puissance dans nos échanges avec nos cousins celtes. Mais avant tout, il faut qu’on invente notre modèle de rugby breton.”
Car la démarche du RCV ne s’arrête pas au Bro Gozh. La langue bretonne est aussi présente sur les affiches de communication du club. Et elle l’est même sur le terrain ! Pour tromper les adversaires, les joueurs vannetais annoncent leurs combinaisons de jeu dans la langue de Per-Jakez Hélias…

 

Page sport du magazine Bretons n°135 d’octobre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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