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Romain Pasquier : « Emmanuel Macron correspond à l’ADN breton »

Directeur de recherche au CNRS, le politologue Romain Pasquier analyse les résultats de l’élection présidentielle en Bretagne. Un scrutin où Emmanuel Macron a remporté dans la région près de dix points de plus que sa moyenne nationale...

Bretons : Au vu des résultats du premier tour, en Bretagne, le second tour aurait dû opposer Emmanuel Macron à Jean-Luc Mélenchon…
Romain Pasquier : Oui, c’est étonnant et c’est lié à deux facteurs. Le premier, c’est la déception causée par François Fillon dans l’Ouest. On connaît l’attachement des Bretons aux valeurs d’honnêteté et de probité. Le bruit sourd et continu des affaires l’ont desservi.

Il avait pourtant obtenu un gros score en Bretagne au moment de la primaire ?
Oui, dans tout l’ouest de la France et en Bretagne. Son discours de vérité, de clarté, ses clins d’œil aussi au vieux fonds catholique, toujours important même s’il est un peu émoussé… Le problème c’est que, quand il s’est pris dans le tapis des affaires, le vent qui l’avait porté s’est retourné contre lui. Cela explique en partie la défaite. Et je pense aussi qu’une partie de l’électorat modéré s’est reporté sur Macron, creusant des écarts assez significatifs.

Et il y a le phénomène Macron, qui est amplifié de dix points en Bretagne. Peut-on dire qu’il a réussi à capter l’héritage démocrate-chrétien, centriste de la région ?
Oui, complètement. François Hollande avait fait de même, comme Ségolène Royal : ils étaient ici très au-dessus des moyennes nationales. C’est le cas d’Emmanuel Macron, au premier et au deuxième tour. Ça ne me surprend pas du tout. Je pressentais, même s’il n’avait pas été au second tour, une vague macronienne, en Bretagne, tout simplement parce qu’il correspond à l’ADN breton. C’est un centriste progressiste, de centre gauche. Il correspond tout à fait au profil de Jean-Yves Le Drian, et ce n’est pas un hasard s’il a été un des premiers grands barons socialistes à le soutenir.
Le vote Macron correspond bien au vote Le Drian de décembre 2015 : une capacité à s’affranchir des lignes politiques, à avoir des réseaux au centre gauche et au centre droit, une volonté de s’ouvrir à la société civile. Et si vous y ajoutez une pincée de renouvellement, un effet un peu urbain, on atteint des scores tout à fait importants.

 

Retrouvez la suite de cet entretien dans le magazine Bretons de juin 2017.

 

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