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Qui Fait la Bretagne ?

Le premier "Who's who bretons" voit enfin le jour. Basé sur des centaines de portraits rédigés depuis 2005 par nos journalistes, nous mettons ces ressources à votre disposition. Entrepreneurs, scientifiques, sociologues, politiques, etc… Découvrez les hommes et les femmes qui font la Bretagne.

Chemins de Bretagne : un goût de Bretagne à Paris

01/05/2008
Avec “Chemins de Bretagne”, première épicerie fine de spécialités bretonnes, les Bretons de Paris ont enfin leur adresse. Dans ce lieu au parfum nostalgique, Ralph Gallo propose quelques surprises culinaires.

Quand un drapeau breton flotte dans les rues de Paris, ce n’est plus seulement pour signaler l’emplacement d’une des nombreuses crêperies que compte la capitale. Depuis octobre dernier, rue de Prague, près du marché d’Aligre, dans le douzième arrondissement, deux gwen ha du surplombent la devanture d’une charmante petite boutique. “Chemins de Bretagne” est bien plus qu’une “laiterie alimentation” comme pourrait le laisser penser l’enseigne d’époque conservée telle quelle. C’est une épicerie fine bretonne. Un espace entièrement dédié aux produits 100% “made in Breizh”. Le premier établissement du genre à Paris.
“Mes clients viennent me voir quand ils sont en manque”, s’amuse Ralph Gallo, un Breton né à Paris qui tient absolument à préciser que ses origines bretonnes sont à Saint-Thurien depuis au moins 1700. En poussant la porte de son épicerie, les Bretons de Paris prennent le bol d’air breton qui leur manque tant depuis leur dernier retour aux pays, les Parisiens prolongent leurs évasions estivales, les étrangers trouvent là un lieu “so” authentique pour ne pas dire exotique. Et tous découvrent ou redécouvrent de nouvelles saveurs mises en scène dans un décor savamment étudié par le maître des lieux pour reconstituer le charme des boutiques d’antan. En suspendant les portraits de sa tante, de son père, de ses grands-parents paternels et arrière grands-parents maternels en costume traditionnel ou autres sabots de ferme et chapeaux ronds, Ralph Gallo n’a rien laissé au hasard. “J’ai joué de différents artifices pour créer une ambiance typique”, explique-t-il.

"Pousser les gens à la curiosité culinaire”
Mais si dans un premier temps, c’est le charme du lieu qui séduit les passants, ils y reviennent ensuite pour tout ce qu’il recèle. Et parce qu'ici, tous les sens sont en éveil. Les oreilles sont envahies d’une douce ambiance musicale. Le regard est attiré par la farandole de confitures artisanales présentées dans le lit clos datant de 1837. Les narines sont chatouillées par l’odeur des caramels au beurre salé. Et déjà les papilles salivent à l’idée de s’attabler devant un foie de lotte à servir sur toasts chauds ou en fines tranches sur salade, devant des rillettes de Saint-Jacques à la criste-marine, une bisque de langoustine au kari Gosse ou un velouté d’oursin… La liste est longue de pâtisseries dont l'évocation des noms met l’eau à la bouche, tel le kouign amann en provenance directe d’une biscuiterie traditionnelle de Douarnenez ou les craquelins de Saint-Malo, les galettes de Pont-Aven, les sablés de Belle-Île…Guérande, Quiberon, Roscoff, Plougastel s’affichent sur les étiquettes comme autant d’appels à des haltes gourmandes. Sans oublier qu’une fois rassasié, il y a là aussi de quoi étancher sa soif avec la collection de cidres pur jus, de chouchen, de lambig, de Breizh Cola et autres bières brassées à l’eau de mer.
Au total, plus de 380 produits artisanaux sucrés et salés sont ici référencés, que l’épicier breton a tous goûtés et aimés. “En Bretagne, on sait faire autre chose que manger des crêpes et boire du cidre. La Bretagne est pays de saveurs et de surprises culinaires”, explique l’épicier qui aime étonner ses clients avec du rougaille choux-fleurs de Bretagne, du confit d’endives royales de Bretagne, du vinaigre de cidre à la salicorne, du chutney d’algues… “J’aime éveiller les sens, pousser les gens à la curiosité culinaire en leur proposant des associations de produits et de saveurs”. On n’y trouve donc pas seulement de quoi faire des plats typiquement régionaux, mais tout est produit en Bretagne, avec des produits bretons, chez une cinquantaine d’artisans, producteurs, conserveries et confiseries locaux. “J’aime l’idée de faire vivre l’économie bretonne”,de Ralph Gallo, qui arpente toute l’année la Bretagne à la découverte de nouveautés pour élargir une gamme élaborée en 2005 à Biarritz.
Car c’est en effet dans le Pays Basque que Ralph Gallo avait tout d’abord donné rendez-vous à tous les gourmets. Après avoir travaillé une dizaine d’années dans l’hôtellerie de prestige, et dix ans encore dans l’horticulture, c’est lors d’un séjour à l’île de la Réunion où il seconda un restaurateur breton pendant un an et demi, que l’idée lui est venue. “J’ai toujours eu un lien très fort avec la Bretagne”, précise-t-il. Mais à 10 000 km, tout lui est revenu de plein fouet : la ferme familiale de Saint-Thurien dont il avait souhaité prendre la succession, le bruit des sabots dans la cour, le ramassage des pommes de terre, la traite des vaches, les moissons… “Tous ces souvenirs, toutes ces odeurs ne m’ont jamais quitté”, explique-t-il avec nostalgie. Alors la quarantaine arrivant, Ralph Gallo imagine de quoi renouer au mieux avec ses racines : un concept store alliant décoration et produits bretons.
De l’idée initiale n’est restée que l’épicerie et le hasard a fait qu’il suive sa sœur au Pays Basque. Grâce à la communauté bretonne, le Breton y a facilement trouvé des partenaires financiers. Mais le premier bilan est mitigé et Paris et sa forte population bretonne s’imposent. À la recherche d’une boutique, il tombe sous le charme du 15 rue de Prague, une épicerie depuis 1950 et tenue pendant quarante ans par un couple dont la dame était… bretonne.

Par Gwénaëlle Loaëc

Photo : Emmanuel Pain

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agrology
24/07/2013

Cette boutique est définitivement fermée depuis le 29/12/12.

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