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Qui Fait la Bretagne ?

Le premier "Who's who bretons" voit enfin le jour. Basé sur des centaines de portraits rédigés depuis 2005 par nos journalistes, nous mettons ces ressources à votre disposition. Entrepreneurs, scientifiques, sociologues, politiques, etc… Découvrez les hommes et les femmes qui font la Bretagne.

Réunification : la fin du monde ?

03/06/2014
Le débat sur la réorganisation des régions qui donne régulièrement la disparition des Pays de la Loire comme étant inéluctable fait perdre les pédales aux élus régionaux, mais n’enlève pas, bien au contraire, leurs arguments aux partisans de la réunification de la Bretagne.

“C’en serait fini du Boléro de Ravel, des symphonies de Berlioz ou de Mahler et même de L’Apprenti sorcier (celui de Paul Dukas) ! Plus jamais ne résonneraient à Nantes, à Angers, à Laval, au Mans, à La Roche-sur-Yon, ces chefs-d’œuvre qui enchantent des dizaines de milliers de ligériens.” Diable ! Quelle menace pèse donc sur la civilisation européenne, pour que les dirigeants de l’ONPL, l’Orchestre national des Pays de la Loire, s’inquiètent ainsi ? Quel danger va fondre sur la culture classique ? Pourquoi la musique tout entière risque-t-elle d’être anéantie ? Eh bien, c’est simple. La fin du monde, c’est pour demain. Plus exactement, pour le jour où l’entité administrative qui s’appelle les Pays de la Loire va disparaître. Oui. Plus de région Pays de la Loire, plus d’ONPL. Plus d’ONPL, plus de musique classique. CQFD.

Tordre le cou à des réalités historiques
Les musiciens ne sont pas les seuls à s’inquiéter. Devant le débat sur le redécoupage des régions dans lequel les Pays de la Loire sont régulièrement cités comme étant la région technocratique et sans aucune cohérence – donc destinée à disparaître par excellence –, son président Jacques Auxiette perd les pédales. Devenu défenseur d’une fusion avec la Bretagne, opposant à l’idée d’un retour de la Loire-Atlantique seule dans sa région d’origine, il dénonce un débat “populiste”, la volonté “d’annexion de la Bretagne”, et il crie haut et fort : “Personne n’a le droit de casser ce qui marche au nom d’intérêts particuliers, d’identités supposées ou réelles, ou de visées économiques égoïstes”. Résumons : si ni les intérêts, ni les identités, ni l’économie ne justifient une réforme, à quoi bon encore élire des hommes politiques ? Apparemment, ni aujourd’hui ni demain, on ne pourra changer quoi que ce soit…
Pourtant, parfois, on arrive à faire évoluer des choses. Et même à tordre le cou à des réalités historiques vieilles de plusieurs siècles. Il n’y a qu’à voir la dernière opération de communication des régions Centre et Pays de la Loire pour les 500 ans de la mort d’Anne de Bretagne. On y présente “six châteaux du Val de Loire”. Six ? Eh oui, le château des ducs de Bretagne, à Nantes, construit par François II justement pour se défendre contre les rois de France qui installaient leurs résidences le long de la Loire, y a été subrepticement inclus… L’Unesco, saisie par l’association Bretagne réunie, avait pourtant déjà rappelé à l’ordre la com’ de Nantes, lui interdisant d’utiliser le label Val de Loire dans ce cadre…

300 000 € d’argent public
Mais les administrations ont parfois un pouvoir de rouleau compresseur. Ainsi, pour faire passer son message, Jacques Auxiette utilise ce qu’il a sous la main : les deniers publics. Une campagne de communication dans la presse : des pages dans les quotidiens régionaux et nationaux disant “oui au mariage, non à la découpe”. Depuis quand une collectivité publique peut-elle ouvertement prendre parti dans un débat démocratique et politique, et utiliser pour cela des moyens financiers dont elle dispose ? Car le coût de l’opération s’élève à 300 000 €, comme l’a démontré le collectif 44=BZH. Qui rappelle malicieusement que, avec un budget entièrement réuni sur la base du militantisme de 10 000 €, ils ont, eux, réussi à faire défiler des milliers de personnes dans les rues de Nantes le 19 avril dernier pour réclamer la réunification de la Bretagne…
Car, quoi qu’en disent les opposants au retour de la Loire-Atlantique dans la région administrative bretonne, de nombreux arguments (historiques et culturels, mais aussi stratégiques et économiques) plaident pour ce projet. Ils sont réunis et exposés avec simplicité dans l’ouvrage de Jean Ollivro, L’Unité bretonne, vendu 5 € par Le Temps éditeur. Un petit livre bleu aux arguments desquels se sont déjà rangés une majorité des habitants de la Loire-Atlantique et de la Bretagne, régulièrement interrogés par sondage, mais aussi Pierrick Massiot, président du Conseil régional de Bretagne, Claudy Lebreton, président des Côtes-d’Armor, François Goulard, son homologue du Morbihan, Marc Le Fur et Paul Molac, députés, Odette Herviaux, sénatrice… Mais qu’il faudrait sans doute faire lire à Nathalie Appéré et Johanna Rolland, maires de Rennes et Nantes, à Pierre Méhaignerie, maire de Vitré, à Pierre Maille, président du Finistère, et à l’ensemble des conseillers régionaux des Pays de la Loire…

COMMENTAIRES

DeCommentaire

Marc
29/06/2014

Faire accepter officiellement par le gouvernement et l'administration centrale, si le découpage des régions ne se passe pas comme il convient, à l'instar de l'Irlande, une carte de la Bretagne "historique" avec Bretagne ( pour les 4 départements actuels) et Bretagne du Sud comme l'Irlande du Nord,(pour la Loire Atlantique), car la Bretagne est sous tous les critères et arguments historiques et politiques, " UNE et INDIVISIBLE " aux yeux des Bretons , comme l'Irlande pour les Irlandais.
A méditer pour faire infléchir l'état jacobin de Paris soit disant démocratique.

hougard
03/08/2015

Moi je veux faire la grève de la faim pour ça.
car c une volonté délibérée de casser la Bretagne de la part des étrangers qui gouvernement la France et dominent les regions

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