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Camille Abily, le rêve en "bleue"

01/07/2012
Six fois championne de France de football, double championne d'Europe avec l'Olympique Lyonnais, Camille Abily participera cet été avec les Bleues à ses premiers Jeux Olympiques.

Camille Abily vit un “rêve”. Un “rêve éveillé”, confie-t-elle. Il y a vingt ans, quand elle a commencé à taper dans le ballon avec son père sur les terrains de la banlieue rennaise, elle n’était encore qu’une gamine fan de Chris Waddle. Une parmi d’autres. Les années ont passé et la “gamine” s’est accrochée. À 27 ans, la voilà aujourd’hui devenue un des piliers de l’équipe de France de football féminin. Numéro 10 chez les Bleues, elle a inscrit 23 buts en 95 sélections. Et le “rêve” se poursuit puisqu’elle participera cet été à ses premiers Jeux Olympiques. Une compétition qui, pour elle, débutera le 25 juillet dans l’enceinte du Hampden Park de Glasgow face aux Américaines.
Le haut niveau nécessite obstination, rigueur et mental à toute épreuve. Camille Abily a tout ça. Jamais la Bretonne n’a lâché. Même quand une rupture des ligaments croisés du genou est venue soudainement freiner sa progression en 2003. Même quand il a fallu attendre six ans pour enfin ouvrir son compteur de buts en équipe nationale. C’était en 2007, face à la Chine. Une belle “délivrance” après avoir maintes fois touché les barres et les poteaux.

D’un continent à l’autre
Camille Abily a déboulé sur le pré à l’âge de 6 ans. Elle est alors licenciée à Bruz (Ille-et-Vilaine), à trois kilomètres de la maison familiale de Pont-Péan. Les filles n’étant pas légion au club, elle joue avec les garçons jusqu’à l’âge de 14 ans. Un an plus tard, elle quitte la Bretagne et le cocon familial pour intégrer le Centre national de formation et d’entraînement de Clairefontaine, dans les Yvelines. “Je me suis souvenue d’un reportage sur Clairefontaine que j’avais lu dans le magazine Onze Mondial. Je n’ai pas hésité. Là aussi, c’était comme un rêve”.
Camille Abily découvre ensuite un autre monde. Montpellier, Lyon, Los Angeles, Paris, Santa Clara en Californie, elle enchaîne les clubs. D’un continent à l’autre, toujours en quête de “nouveaux challenges”.  Entre 2004 et 2010, elle collectionne les titres. Elle est sacrée championne de France à quatre reprises et remporte, lors de son passage outre-Atlantique, le championnat des États-Unis. Camille Abily a également été élue meilleure joueuse du championnat de France en 2006 et en 2007.
Si la globe-trotteuse s’est aujourd’hui sédentarisée (elle joue à l’Olympique Lyonnais depuis deux saisons), elle a conservé cette manie d’accumuler les titres à un rythme frénétique. Sacrées une nouvelle fois championnes de France en 2011 puis en 2012, Camille Abily et les Gones ont parallèlement remporté deux Ligues des Champions consécutives, la plus prestigieuse des compétitions continentales.

“Femme normale”
Des terrains de foot aux salles de classe, Camille a toujours affiché cette même détermination. À Clairefontaine, elle décroche ainsi un bac scientifique. Sur le fil, mais c’est passé. “Je voulais absolument l’avoir. Ce n’était pas toujours évident, je devais bosser le soir à partir de 20 h 30 quand la plupart des filles regardaient la télé ou faisaient des jeux”. Camille Abily est maintenant titulaire d’un Master 2 en sport (Staps).
Hors des terrains, quand les entraînements se terminent, elle a la vie “normale” d’une femme normale. Elle aime le shopping, le cinéma, “boire un pot en terrasse” entre amis. Dès que son emploi du temps le permet, “rarement” souffle-t-elle, elle file en Bretagne pour voir sa famille. À Nantes notamment, où sont désormais installés son père, directeur financier dans le BTP, et sa mère, employée dans le secteur bancaire.
Camille Abily le sait : la carrière d’un footballeur professionnel est courte. L’avenir, naturellement, elle y pense. À court terme, il lui reste une année de contrat avec l’Olympique Lyonnais à honorer et un diplôme d’entraîneur fédéral à valider. Ensuite, elle avisera. “Je vis au jour le jour", assure-t-elle. “J’aime beaucoup bouger. Mais peut-être que, tout simplement, j’arrêterai ma carrière. Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve”.

“On met notre vie de famille entre parenthèses”
La jeune femme n’a qu’une certitude : elle veut une famille. “Nous, les footballeuses, on met notre vie de famille et notre vie privée entre parenthèses. C’est difficile. Celles qui veulent des enfants doivent s’arrêter un an, voire un an et demi. On doit donc mettre ça de côté pour l’après carrière. Mais on y pense, car on vieillit ”. Camille Abily ne devrait donc pas s’attarder trop longtemps sur les terrains. D’autant qu’elle projette aussi de créer une crèche avec sa sœur aînée, infirmière puéricultrice.
Mais avant toute chose, il y aura ces Jeux Olympiques 2012. Camille Abily et les Bleues pourraient écrire une belle page du sport français. Leur objectif est simple : faire mieux qu’au Mondial 2011 où elles avaient terminé à la 4e place. Donc revenir avec une médaille olympique autour du cou.

Par Alexandre Le Drollec

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