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L’avenir aux régions

04/12/2012
Décentralisation, sentiments identitaires, partis régionalistes… Dans son dernier ouvrage, le chercheur en science politique Romain Pasquier décrypte toutes les facettes du “fait régional”.

En Catalogne, en septembre dernier, une manifestation géante a rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes dans les rues de Barcelone, réclamant l’indépendance de la province espagnole. En Écosse, le Premier ministre Alex Salmond a réussi à imposer à David Cameron la tenue, en 2014, d’un référendum sur l’indépendance. Ce ne sont que deux exemples, les plus extrêmes. “Les processus de décentralisation, de dévolution et de fédéralisation se poursuivent partout en Europe”, écrit Romain Pasquier. “La France une et indivisible, façonnée par le centralisme jacobin, n’échappe pas à cette évolution.”
Dans son ouvrage, Le Pouvoir régional, le chercheur rennais analyse toutes les facettes de ce qu’il appelle “le fait régional” en France : histoire de la décentralisation, des partis régionalistes, influence de l’Europe, comparaisons internationales… Les données y sont denses, nombreuses, précises.
Ainsi, le sentiment d’appartenance régionale. Un tableau récapitule ce ressenti dans toutes les régions françaises. Avec 65% des gens interrogés qui se disent très attachés à leur région, la Bretagne se classe deuxième, derrière la Corse (78,3%). Autre tableau passionnant : une comparaison internationale classant quatorze régions européennes (la Catalogne, le Pays de Galles, la Bavière…), selon le sentiment d’appartenance exclusivement régional, plus régional que national, autant l’un que l’autre, ou plus national que régional de leurs habitants. À ce petit jeu, c’est l’Écosse qui se montre la plus “séparatiste”.
Et Romain Pasquier assure que la France, bon gré mal gré, comme ses voisins européen, est aussi confrontée à une évolution de ses structures publiques. “À l’ombre d’un récit national diabolisant et rejetant les particularismes se sont construits des espaces politiques territoriaux très différenciés par la dynamique des identités, de la décentralisation et de l’action publique. Cette revanche du pays réel (diversité) sur l’abstrait (uniformité) ne manque pas de poser la question de l’évolution de l’État républicain.” Et le chercheur assure que, pour sortir du système de défiance qui caractérise les relations entre l’État et les collectivités territoriales, une profonde refonte des compétences dévolues aux régions est à mettre en œuvre. “Plus de régions et mieux d’État”, conclut-il.

Le Pouvoir régional, Romain Pasquier,
Les Presses de Sciences-Po, 362 p., 22 €

(photo : Gwénaël Saliou)

COMMENTAIRES

DeCommentaire

Fulup Coatmeur
28/01/2013

Il est à craindre que jamais l'empire Franc - comme disent nos voisins allemands - ne remette en question la philosophie de l'organisation administrative de ses territoires et que l'abstrait ne l'emporte encore longtemps sur le réel. Au péril des pays de France...

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