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“Un lecteur vient chercher de l’évasion mais aussi de la profondeur”

Après avoir dirigé plusieurs Fnac en région, puis la Fnac Étoile et celle du Forum des Halles à Paris, créé des Fnac en Pologne, Dominique Fredj cherchait à reprendre une librairie indépendante avec sa femme. L’occasion s’est présentée avec la célèbre librairie Le Failler de Rennes, dont il est devenu le propriétaire en mai 2010. Il nous raconte comment il a vécu cette période si particulière de confinement et nous livre son avis sur l’évolution du monde de l’édition...
Propriétaire de la célèbre librairie Le Failler de Rennes — Emmanuel Pain - Bretons

Bretons : Comment a repris l’ac­tivité de votre librairie à partir du moment où vous l’avez rouverte le lundi 11 mai ?

Dominique Fredj : Ça a été un moment un peu particulier parce qu’on ouvrait à 14 heures, et de­vant les grilles il y avait soixante personnes qui attendaient. Ça a fait chaud au coeur, et en même temps, ces soixante personnes qui sont entrées nous ont toutes dit : “Merci d’être ouvert”. C’était émouvant. Et nous aussi, on les remercie d’être là.

Vous pensez que certains de vos clients étaient “en manque” ?

Probablement, oui. Mais c’est surtout comme si on allait visi­ter un ami qui se rétablit. Et on a vraiment senti, même pendant le confinement d’ailleurs, une forme de communauté qui s’est mise en place, notamment au travers des réseaux sociaux. Depuis, beaucoup de Rennais sont pré­sents et viennent quotidienne­ment. On est même surpris par leur engouement. On s’attendait à un effet ressort, mais là, on est au-delà de ça.

On se rappelle que les librairies et les livres n’ont pas été considérés comme “essentiels” à la vie quo­tidienne des Français. C’était un peu violent comme considération. Comment avez-vous ressenti ça ?

J’avoue que j’ai été surpris. Bon, évidemment, tout le monde l’a été. Cette annonce un samedi soir à 20 h 30 par le président, c’était un peu brutal. Mais, dans un premier temps, lorsqu’il a été annoncé que les commerces “non essentiels” devaient fermer, très honnêtement je ne me sentais pas concerné. Mais j’ai réalisé en­suite que nous étions bel et bien concernés. À la fois, nous avons compris la gravité de la situation et la nécessité de rentrer dans ce confinement, et en même temps, j’ai trouvé que les termes étaient très mal choisis. Bien sûr, se nour­rir est important, mais nourrir son activité intellectuelle aussi. Je pense qu’on aurait pu présen­ter les choses différemment, plu­tôt que de dire que les livres et la lecture sont “non essentiels” à la vie des Français…

 

(…)

 

Retrouvez la suite de cet entretien dans le magazine Bretons n°166 de juillet 2020

Bretons n°166 - juillet 2020

Bretons n°166 – juillet 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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