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La belle histoire du tableau qui valait 7,2 millions d’euros

Commissaire-priseur à Vannes, Jack-Philippe Ruellan a découvert chez des clients à Auray un tableau de Raden Saleh, un peintre indonésien, qui s’est révélé exceptionnel. Alors qu’ils pensaient en obtenir 1 000 ou 2 000 €, leur tableau a été vendu à 7,2 M€ ! Jack-Philippe Ruellan raconte cette histoire incroyable mais aussi les autres jolies surprises qui marquent son quotidien...

Bretons: Votre métier est différent de celui d’un antiquaire ou d’un brocanteur…

Jack-Philippe Ruellan: Notre rôle, c’est de travailler pour le client. Avec toute une partie en amont, de découverte, de recherche… Pour le Raden Saleh, le monsieur n’osait pas venir me voir. Il pensait que je ne vendais que des choses complètement dingues, à des prix de folie. C’était fin juillet. Ce monsieur arrive avec des photos minables qu’il laisse à ma collaboratrice. Je les ai regardées. “C’est pas mal du tout, vous avez son téléphone ?” Je l’appelle tout de suite. “Je voudrais le voir.” Je viens avec mon magasinier.
Je n’ai pas pensé à Raden Saleh, je ne le connaissais que de nom. J’ai noté une qualité du tableau, j’ai vu qu’il y avait du mouvement. Pas besoin d’avoir fait dix ans d’histoire de l’art pour se dire que c’était soit une reproduction soit une superbe peinture ! Tout le monde est capable de ça. Je trouvais que c’était fort. Mais est-ce que c’était authentique ? Est-ce que c’était une peinture sur toile ou une reproduction ? L’autre jour, un monsieur est venu me voir, persuadé d’avoir un Monet. C’était une reproduction sur toile cirée…
J’arrive, j’entre dans la maison. Ils avaient commencé à déménager, parce qu’ils vendaient. J’ai demandé où était la composition. Elle est grande, 1,10 mètre sur 1,80 mètre. Donc ils l’avaient mise à la cave, enrobée dans des couvertures. J’ai demandé au magasinier de la remonter, il faisait beau ce jour-là. Je fais un petit nettoyage, pour enlever la poussière et l’humidité. Je demande au monsieur : “Ce tableau est superbe, expliquez-moi, d’où vient-il ?”
“J’en ai hérité il y a presque trente ans d’une tante qui n’avait pas d’ayants droit, qui était mariée à un Argentin fortuné qui avait fait le tour du monde et vécu à la fin de sa vie à Paris.” Sa famille a hérité. Ils étaient deux. La sœur a pris des objets, elle n’aimait pas le tableau. Lui, l’a pris. Ils l’ont accroché un temps chez eux et puis, quelque temps après, ils l’ont remisé à la cave. Ce sont des gens intellectuels, cultivés. Mais on ne peut pas tout aimer !

Qui était ce peintre ?

Raden Saleh a été redécouvert à l’orée des années 2000. Il est très connu en Indonésie parce que c’est leur premier peintre. Quand il était jeune, vers les années 1820, Raden Saleh a eu la chance de rencontrer les bonnes personnes, notamment un peintre flamand, Antoine Payen, qui lui a dit de venir parfaire sa formation en Europe. Il était bien né, d’origine aristocratique, et il représentait l’exotisme ! Il est entré dans les milieux autorisés, à la cour de Hollande. Il est resté trois ou quatre ans, il a rencontré des peintres qui lui ont appris l’art du paysage, du portrait… En Allemagne, il a été reçu à la cour de Saxe. Il est arrivé à Paris en 1845, il a rencontré Théophile Gautier. Horace Vernet voit en lui un très bon peintre et lui dit de travailler les grandes chasses, le romantisme de Delacroix. Il repart en 1851. Il va mettre en œuvre tout ce qu’il a appris. C’était un très bon cavalier, il chassait dans les forêts de Java.

 

(…) Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans le magazine Bretons n°140 de mars 2018.

 

 

 

 

 

 

 

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