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Mikaël Cueff : “Je n’ai pas de colère contre les gendarmes”

En octobre 2013, lors d’une manifestation des Bonnets rouges sous le portique de Pont-de-Buis, dans le Finistère, une grenade explosait dans la main de Mikaël Cueff. Depuis, le jeune homme a appris à vivre sans sa main droite. Et il raconte les défis que cela représente au quotidien...

“Le 26 octobre 2013, on s’est donné rendez-vous avec des collègues de Landivisiau au portique de Pont-de-Buis. C’était ma première manifestation. Je ne suis pas casse-cou. J’étais là pour défendre l’emploi en Bretagne, supprimer cette taxe qui ne rimait à rien. L’écotaxe, c’était encore taxer les Bretons et toute la France derrière… Cela aurait provoqué la fermeture d’entreprises.
Ça faisait trois ou quatre week-ends de rang qu’on y allait. La première fois, il n’y avait pas grand monde, la deuxième, un peu plus, et la troisième, c’était affolant ! Les convois de camions n’en finissaient pas. On s’est dit que ça allait être chaud. On a reçu un peu de lacrymo, ça piquait les yeux, le nez. C’était gaz lacrymo contre patates et choux-fleurs.

L’accident

Quand j’ai vu que ça chauffait, j’ai reculé. J’ai vu un gars se prendre un tir de Flash-Ball dans la carotide. Il ne s’est pas relevé de la journée, il est parti en hélico à l’hôpital. Ensuite, un autre gars s’est pris un tir dans les parties intimes. Il était plié en deux.
Moi, je m’écarte et je trouve refuge avec d’autres gens près d’un petit corps de ferme. Il y a une colonne de CRS à quarante mètres devant moi. Une F4, une grenade de désencerclement à effet de souffle et avec du gaz lacrymo explose dans ma main.
J’ai vu qu’il n’y avait plus rien, simplement un lambeau de peau qui pendait. J’ai su tout de suite que j’avais perdu ma main. J’avais vu que les cinq doigts étaient partis, la paume aussi… On a été soixante-dix blessés ce jour-là, dont quatre sérieux.

La vie d’après

J’étais carrossier poids lourds dans la région de Saint-Pol-de-Léon. Le contrat s’est arrêté net. Je n’avais droit à rien.

 

(…) Retrouvez la suite du témoignage incroyable de Mikaël Cueff dans le magazine Bretons n°141 d’avril 2018

 

 

 

 

 

 

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