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Périco Légasse: “Il n’y a plus que les ringards pour défendre la sacro-sainte intégrité des États-nations”

Rédacteur en chef à Marianne, critique gastronomique, Périco Légasse est également un Basque qui étudie avec attention la situation de la Bretagne. Il assure d’ailleurs que, avant même la Corse, la région devrait bénéficier d’un statut d’autonomie...

BRETONS : Sur le plateau de CNews, en février dernier, vous êtes intervenu sur la question corse. On vous a senti légèrement agacé par la façon dont elle est traitée par les médias nationaux…

PÉRICO LÉGASSE : Je suis agacé par la façon dont les médias français traitent les particularismes régionaux. Un vestige de l’intelligentsia de gauche jacobine pour laquelle toute forme d’identitarisme est synonyme d’archaïsme conservateur. À la fin, les clichés finissent par crisper… Impliqué depuis ma jeunesse dans le patriotisme basque, bien que citoyen à part entière de la République française, je me sens d’abord Basque. Profondément girondin, je crois en une France qui intégrerait les particularismes dans la Constitution. Défenseur du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, je considère qu’une composante nationale peut prétendre à son autodétermination si les critères de revendication sont démocratiques et légitimes. Depuis quelques décennies, on assiste à une explosion de souverainetés nationales revendiquées et reconnues partout en Europe. N’oublions pas que l’OTAN, avec le soutien de l’Union européenne, a bombardé Belgrade pour arracher l’indépendance du Kosovo à la Serbie, alors que la province est historiquement serbe, après un vote du Parlement local proclamant sa souveraineté, sans aucune consultation électorale. Comment refuser son indépendance à la Catalogne après cela ?
Il est intéressant de comprendre pourquoi cette grande démocratie qu’est la République française, pays des droits de l’homme et des libertés, considère que de tels phénomènes ne peuvent pas la concerner. Ne pas remettre en cause la citoyenneté française inscrite dans une communauté de destin, où les hommes naissent libres et égaux en droits, n’implique pas la négation des spécificités historiques, toutes antérieures à la République, qui font qu’à un moment donné, sur des territoires donnés – la Bretagne en est un, mais aussi la Corse, le Pays Basque, l’Occitanie, les Flandres et l’Alsace –, des gens puissent dire : “Nous ne sommes pas que Français, nous sommes aussi Alsaciens, Bretons ou Corses… et le revendiquons”. Il est temps de prendre cette réalité en compte. Si la notion de peuple catalan et de peuple basque, parties intégrantes du peuple espagnol, existe officiellement au sud des Pyrénées, pourquoi n’existerait-il pas un peuple breton ou un peuple corse, composants du peuple français, en France ? Il y a le sens de l’histoire et ceux qui la freinent.

(…) Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans le magazine Bretons n°141 d’avril 2018

 

 

 

 

 

 

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