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Xavier de la Gorce, président de la SNSM

À l’occasion des 50 ans de la Société nationale des sauveteurs en mer, son président Xavier de la Gorce revient sur les spécificités du sauvetage breton et les enjeux de son association à l’équilibre fragile...

Quel est le profil des nouveaux plaisanciers, en France ?
Il y a 4 millions de plaisanciers en France, et là-dedans, il y a de tout. De vrais navigateurs, bons marins et bien équipés. Il y a aussi une part non négligeable de navigateurs du dimanche, des gens insouciants sinon inconscients, qui confondent promenade en mer et balade dans les Vosges. Des gens capables de sortir sans gilet de sauvetage, sans avoir rempli sa nourrice, sans VHF ni téléphone portable. Ce ne sont pas des plaisanciers : ce sont des consommateurs de mer. Je ne parle même pas de la lecture d’une carte marine : de nos jours, personne ne sait en lire une.

La SNSM parvient-elle à fonctionner, sur le plan financier ?
Le budget de la SNSM aujourd’hui, c’est 28 millions d’euros. Couvert à 20 % par des crédits publics et le reste en fonds privés. Heureusement que nous avons des dons et des legs. Mais notre modèle économique, aujourd’hui, n’est pas pérenne. C’est pourquoi nous avons demandé aux candidats à l’élection présidentielle de se saisir de ce sujet. Un canot Tout Temps, par exemple, coûte 1,3 million d’euros. Les collectivités locales nous aident bien, mais l’État se désengage, et ne nous finance qu’à 11 %. Il ne remplit donc qu’à moitié ses obligations, puisque nous aurions besoin de 25 %. Par ailleurs, sur les 4 millions de plaisanciers, seuls 50 000 donnent à la SNSM. Je ne demande pas à ce que 1 million de plaisanciers nous aident, mais 150 000 de plus, ce serait déjà très bien.

Ne faut-il pas imaginer une taxe ?
C’est la réaction de tous nos interlocuteurs… Mais les plaisanciers sont très réactifs à l’idée de toute taxe. Réactifs pour s’opposer. De toute façon, nous sommes, à la SNSM des gens bien élevés, et nous n’avons pas envie de créer de tensions avec le monde de la plaisance. Par rapport à la culture bénévole de l’association, nous préférerions que ce soit par solidarité. Qu’un service public d’intérêt général soit confié à une association de bénévoles, c’est unique en Europe. Nous sommes dans un système qui n’est pas normal. Tout ce qu’on peut faire, c’est inciter à nous donner.

 

Retrouvez la suite de cet entretien dans le magazine Bretons de mai 2017.

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