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Qui Fait la Bretagne ?

Le premier "Who's who bretons" voit enfin le jour. Basé sur des centaines de portraits rédigés depuis 2005 par nos journalistes, nous mettons ces ressources à votre disposition. Entrepreneurs, scientifiques, sociologues, politiques, etc… Découvrez les hommes et les femmes qui font la Bretagne.

Foot : produits en Bretagne ?

29/03/2013
Une base de joueurs locaux, une forte identité. Et si les clubs bretons s’inspiraient un peu plus de ce qui se fait, par exemple, en Espagne ?

Pour la plupart des Français, Brest est sûrement la ville la plus bretonne. Question de géographie. Fichée là-bas au bout de la péninsule, son ADN breton est incontestable. Par extension, le Stade Brestois est donc l’équipe de football la plus identifiable comme bretonne. Et pourtant… Vingt-huit joueurs ont porté le maillot du Stade cette saison. Combien de Bretons ? Aucun, zéro. Certes, Brest utilise beaucoup de joueurs étrangers, mais pas un seul des treize Français n’a de lien avec la région. Il y a bien un 29e joueur, pur produit du club, Mathieu Kervestin, qui a signé son premier contrat pro, mais Kervestin n’est que le quatrième gardien de but de l’effectif et n’est donc pas encore entré en jeu.
Une situation qui a interpellé Corentin Martins, le directeur sportif du club, qui veut inverser la tendance : “Je suis moi-même un produit de la formation brestoise et quand je regarde le poster de la saison 1990-1991, je peux voir dans cet effectif de vingt-trois pros dix jeunes formés au club et donc ayant leur chance en Ligue 1. Je ne vois pas pourquoi ce qui était possible à l’époque ne le serait pas aujourd’hui”, déclare-t-il sur le site Internet du club.

Un turn-over incessant
On comprend mieux le constat de Corentin Martins lorsqu’on songe que quatre formations de Ligue 1 (PSG, Reims, Saint-Étienne et Valenciennes) possèdent, elles, trois Bretons dans leur effectif. C’est presqu’autant que les deux autres clubs bretons de l’élite, Lorient et Rennes, qui en alignent quatre. Sur un effectif d’environ vingt-cinq joueurs, on vous le rappelle.
Mais quel est donc l’intérêt d’avoir des joueurs bretons dans son équipe, après tout ? Les clubs de football sont désormais des entreprises de spectacle régies par une seule règle : celle de gagner des matches. Oui, bien sûr. Mais non seulement on sent poindre un agacement de plus en plus important chez les supporters qui se sentent désormais assez éloignés de ceux qui portent leurs couleurs, ainsi qu’une certaine irritation face à ce turn-over incessant des joueurs qui, pour la plupart, ne font que passer, mais surtout on commence à réaliser que cela pourrait se traduire en termes de résultats.
La meilleure équipe du monde, le FC Barcelone, est constituée à 70% de Catalans, pratiquement tous formés au club. Les formations du meilleur championnat du monde, l’Espagne, sont constituées en moyenne à 50% par des joueurs nés dans la ville même ou aux alentours. Se reposer sur des joueurs formés au club ou originaires de la région serait donc gage de meilleurs résultats. C’est ce que nous expliquent dans notre enquête Romain Danzé (photo) ou Étienne Didot. Leurs arguments sont évidents : motivation, proximité, qualités des rapports humains, cohérence…
Une cohérence sur le terrain, bien sûr, mais aussi en relation avec l’ensemble de la politique du club qui, pour les Bretons en tout cas, communique sur les racines régionales et affiche sur les maillots des sponsors régionaux. Mais pourquoi porter des hermines sur le maillot si la plupart des joueurs n’ont aucune idée de ce que cela représente ?

Un tournoi interceltique
C’est pour cela que la démarche de BFA, Bretagne football association, nous semble intéressante. Les bénévoles de cette association se battent depuis vingt ans pour faire renaître une sélection bretonne qui avait existé dans les années 1920 et à une seule occasion en 1939. Ce ne fut pas simple car l’existence de l’équipe de Bretagne a, semble-t-il, longtemps posé un problème à la Fédération française, qui ne lui a jamais facilité la tâche. Il fallut attendre le 21 mai 1998, à Rennes, pour que la sélection bretonne effectue ses vrais débuts. Emmenée notamment par Paul Le Guen, Pierre-Yves André et Nicolas Laspalles, elle réalise un match nul (1-1) contre le Cameroun. La deuxième rencontre a lieu dix ans après, en 2008, à Saint-Brieuc, où la sélection bretonne s’impose 3-1 face au Congo. Trois autres rencontres ont eu lieu depuis, deux en 2010, et la dernière le 2 juin 2011 à Saint-Nazaire où la  Guinée s’impose 1-0. Et un nouveau match est prévu le 28 mai prochain à Guingamp contre le Mali.
Mais pour faire exister cette sélection, il faut plus qu’un match amical au mois de mai. C’est ce qu’a compris BFA qui a l’intention de monter un Tournoi Interceltique. À l’image du Tournoi des Six Nations en rugby, les dirigeants de l’association ambitionnent d’organiser des Jeux Interceltiques en 2016. “Avant l’Euro, nous pourrions monter un mini championnat ramassé sur quelques jours. Cette compétition aurait une énorme résonnance médiatique et populaire”, dit Fañch Gaume, le président de BFA. Alors, la Bretagne face à l’Irlande, l’Écosse et le Pays de Galles pour la première Celtic Nations Cup à Rennes ou Lorient ? Cela aurait de la gueule, en effet…

par Didier Le Corre

photo Romain Danzé : Emmanuel Pain

COMMENTAIRES

DeCommentaire

Erwan
19/04/2013

OH oui! Ce serait génial une Celtic Nations Cup!

Jakez
29/05/2013

yes we can!

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