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Qui Fait la Bretagne ?

Le premier "Who's who bretons" voit enfin le jour. Basé sur des centaines de portraits rédigés depuis 2005 par nos journalistes, nous mettons ces ressources à votre disposition. Entrepreneurs, scientifiques, sociologues, politiques, etc… Découvrez les hommes et les femmes qui font la Bretagne.

Le Monde comme-ci comme-ça...

01/03/2012
Avec force caricatures, mauvaise foi et ignorance, Françoise Morvan et son compagnon André Markowicz dénoncent régulièrement les “dérives du nationalisme breton”. Un discours si exagéré qu’il en devient drôle…

Françoise Morvan et son compagnon, André Markowicz n’ont pas d’amis. Ils n’ont pas de vie sociale, et ils le regrettent. C’est ce qu’ils expriment dans les colonnes des Inrocks, hebdo qui leur a consacré un portrait en décembre, les présentant comme des traducteurs habitant Rennes. Pourtant, André Markowicz a des occupations qui devraient susciter des élans d’enthousiasme, de passion. Imaginez : un homme qui traduit du chinois sans connaître le chinois, un homme qui traduit des poèmes tchouvache (une langue issue de l’ouïgour) en breton, ou une gwerz en tchouktche, vraiment, ses livres devraient s’arracher…  
Oui mais voilà, ils n’ont pas d’amis. La faute aux méchants “nationalistes bretons”, qui les menacent et les assaillent dès qu’ils mettent le pied dehors depuis que Françoise Morvan a osé écrire un terrible pamphlet, Le Monde comme si, où elle dénonçait un dangereux fléau issu du nazisme répandu en Bretagne : le “nationalisme breton”.

Des nazis partout !
En même temps, nous dit André Markowicz sur France Culture, dans une émission du 15 janvier, il “hait les voyages”. Son seul bonheur : rester chez lui et “ne pas bouger”. À peine consent-il à aller faire ses courses aux “Nouvelles Galeries” (devenues Galeries Lafayette depuis 15 ans déjà…).
Mais non, le sectaire, ce n’est pas lui. S’il n’a pas d’ami ce n’est pas parce qu’il est antipathique ou renfermé. Non, c’est à cause des autres.
Les autres ? Tour à tour, Françoise Morvan liste alors dans cette émission, les élus rennais qui ont dressé une statue en l’honneur de Glenmor, ce “barde fulminant”, le mystérieux Institut de Locarn qui promeut un dangereux projet d’une Bretagne autonome dans “une Europe des ethnies”, et même le pauvre Romain Danzé, joueur du Stade Rennais, accusé de tenir un discours “foncièrement raciste”. Pourquoi ? Parce qu’il a évoqué la fierté d’être breton, et l’attachement certain que susciterait un club qui recruterait ses joueurs essentiellement dans la région.  

Bretons, magazine “nationaliste”
Les hermines ? “Le symbole réactionnaire des ducs de Bretagne”. Le Gwenn-ha-du ? “Un drapeau inventé en 1925 par un druide qui allait devenir un fanatique pro-nazi, comme tous les autres”. Chez Françoise Morvan, la nuance est élevée au rang d’art…
Même le magazine que vous avez entre les mains est une pièce maîtresse de ce dispositif, ce “kit nationaliste” : et bien oui, Bretons met en Une des gens, non pas en fonction de l’intérêt que vous, lecteurs, pouvez leur porter, mais seulement parce qu’ils sont “nationalistes”, ou “ultranationalistes”, insiste Françoise Morvan au cas où un mot en “iste” ne suffirait pas…
Replaçons le contexte. Françoise Morvan est une professeur de français, originaire de Rostrenen. Depuis quelques années, elle a une obsession, dont nul ne connaît l’origine. Mais elle est persuadée que la Bretagne est la pauvre victime d’un complot, mené par un “lobby patronal” résidant à Locarn, auquel sont mêlés pêle-mêle les socialistes au pouvoir au conseil régional, les écoles Diwan, Produit en Bretagne, le Stade Rennais ou encore Patrick Poivre d’Arvor… Et ces “nationalistes” seraient les héritiers directs des quelques illuminés ayant épousé la cause nazie durant la Seconde guerre mondiale.

Sortir de chez soi
Un tel délire prête plutôt à rire. Mais il est régulièrement relayé par des médias nationaux, prompts à recueillir un discours qui répond à une certaine incompréhension de leurs journalistes face au renouveau de l’attachement aux identités régionales. Mais il est bon de temps en temps de replacer quelques vérités : non, dans les écoles Diwan, il n’est pas “interdit de parler français”, et il suffit de sortir de chez soi et d’aller voir sur place pour le constater. Non, les 100 ou 200 000 Bretons qui ont apposé une Bigoudène À l’aise Breizh sur leur voiture ne sont pas des nazis. Non, on n’accuse pas Françoise Morvan et son compagnon d’être “anti-bretons”. Ils nous font simplement
beaucoup rire.

Par Maiwenn Raynaudon-Kerzerho

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